Endurance athlete during VO2max treadmill test

Ce que le VO₂max peut (et ne peut pas) vous dire (et pourquoi les coachs devraient arrêter de s’en obséder)

Demandez à un coach quel est le chiffre le plus important en sport d’endurance, et la plupart répondront VO₂max sans hésiter.

Demandez pourquoi, et les réponses deviennent rapidement floues.

Le VO₂max (consommation maximale d’oxygène) est la métrique la plus discutée en coaching d’endurance. On la retrouve sur les applications de suivi de fitness, les rapports de laboratoire, les tableaux de bord Garmin et les profils d’athlètes. Les coachs l’utilisent pour classer les athlètes, prédire les temps de course et justifier leurs décisions d’entraînement.

Le problème, c’est que le VO₂max est utilisé bien au-delà de ce pour quoi il a été conçu. Et quand les coachs s’y fient trop, ils passent à côté des métriques qui déterminent réellement la performance.


Ce que mesure réellement le VO₂max

Le VO₂max est le taux maximal auquel le corps d’un athlète peut consommer de l’oxygène lors d’un exercice épuisant. Il s’exprime en millilitres d’oxygène par kilogramme de poids corporel par minute (ml/kg/min) et est mesuré lors d’un test d’effort progressif mené jusqu’à l’épuisement volontaire.

En tant que métrique de plafond, il vous indique une chose précise : la limite supérieure du moteur aérobie d’un athlète. Un VO₂max élevé signifie que le corps peut transporter et traiter un grand volume d’oxygène à effort maximal. Toutes choses étant égales par ailleurs, un VO₂max plus élevé est préférable.

Le mot clé est « égales ». Dans un groupe hétérogène d’athlètes, mélangeant des personnes entraînées et non entraînées, rapides et lentes, le VO₂max est un bon prédicteur de la performance en endurance. Les recherches le confirment clairement.

Le problème apparaît dès que vous l’appliquez à un groupe d’athlètes déjà entraînés de manière similaire. À ce niveau, le VO₂max n’explique plus grand-chose.


Le problème des trois athlètes avec le VO₂max

Même VO₂max. Trois athlètes. Trois résultats très différents.

Sélectionnez un athlète pour voir comment l’utilisation fractionnelle et l’économie de course déterminent la performance — et non le VO₂max seul.


Où le VO₂max échoue comme outil de coaching

Voici le problème central : la performance en endurance n’est pas déterminée par le VO₂max seul. Elle est déterminée par trois facteurs qui agissent ensemble.

1. Le VO₂max – le plafond du système aérobie.

2. Le seuil lactique – la fraction du VO₂max qu’un athlète peut soutenir sur de longues périodes sans accumuler du lactate plus vite qu’il ne peut l’éliminer. Deux athlètes avec un VO₂max identique peuvent avoir des seuils lactiques très différents. Celui qui peut courir à 88 % de son VO₂max battra toujours celui qui court à 76 %, peu importe qui a le plafond le plus élevé.

3. L’économie de course (ou l’efficacité du mouvement) – la quantité d’oxygène qu’un athlète consomme pour maintenir une vitesse ou une puissance donnée. Un athlète plus économe parcourt plus de distance par unité d’oxygène. L’économie est entraînable, très individuelle, et totalement invisible dans un score de VO₂max.

Lorsque vous regardez le VO₂max de manière isolée, vous ne voyez qu’un des trois pieds d’un tabouret. Les scientifiques et les coachs remettent désormais ouvertement en question l’importance du VO₂max en tant que métrique autonome, non pas parce qu’il est dénué de sens, mais parce qu’il a été surévalué bien au-delà de sa valeur prédictive réelle.

Un commentaire paru en 2022 dans le Journal of Applied Physiology a précisément soulevé ce point : le VO₂max présente des limites significatives en tant que marqueur de l’état d’entraînement chez les athlètes déjà entraînés, et son utilisation comme principal outil de classification entraîne des erreurs systématiques dans la recherche et la pratique du coaching.


Le problème de l’utilisation fractionnelle

Prenons trois coureurs, tous avec un VO₂max de 60 ml/kg/min.

Le Coureur A termine un 10 km en 40 minutes. Il peut soutenir 92 % de son VO₂max, mais son économie de course est médiocre, il consomme plus d’oxygène par kilomètre qu’il ne le devrait.

Le Coureur B termine en 37 minutes. Meilleure économie et il peut courir à une fraction plus élevée de son maximum.

Le Coureur C termine en 35 minutes. Son VO₂max n’est pas plus élevé que celui des autres, mais sa combinaison d’économie et d’utilisation fractionnelle est supérieure.

Même plafond. Trois athlètes complètement différents. Le VO₂max ne vous a rien appris qui puisse vous aider à les coacher différemment.

C’est le problème de l’utilisation fractionnelle. La vitesse au VO₂max, c’est-à-dire la vitesse réelle à laquelle un athlète atteint son plafond aérobie, est un prédicteur de la performance en course bien plus fiable que le VO₂max lui-même, car elle intègre l’économie dans l’équation.

Les coachs qui ne suivent que le VO₂max n’ont qu’un tiers de l’image.


À quoi sert réellement le VO₂max

Pour être clair : le VO₂max n’est pas inutile. Il a des applications spécifiques et bien définies où il est réellement utile.

L’identification des talents chez les jeunes athlètes. Le VO₂max a une composante génétique significative et tend à être relativement stable chez les adultes entraînés. Chez les jeunes athlètes qui n’ont pas encore atteint leur plafond aérobie, il peut indiquer un potentiel à long terme.

Le suivi des athlètes non entraînés ou en phase initiale. Lorsqu’un athlète part de zéro, les améliorations du VO₂max suivent de près les gains de forme. C’est un marqueur de progression utile au cours des deux premières années d’entraînement structuré.

Le dépistage de la santé au niveau populationnel. Le VO₂max est un excellent prédicteur du risque cardiovasculaire et de la mortalité toutes causes confondues. Pour des fins cliniques et de santé générale, il reste l’un des meilleurs outils disponibles.

Fixer un plafond de performance approximatif. Même avec ses limites, le VO₂max vous indique quelque chose de réel sur la limite supérieure de ce qui est physiologiquement possible. Aucun athlète avec un VO₂max de 45 ne gagnera un 5000 m olympique.

Là où il échoue, c’est en tant qu’outil de coaching session par session, comme base principale pour prescrire l’intensité de l’entraînement, et comme chiffre phare pour suivre le développement des athlètes déjà en forme.


Ce que les coachs devraient suivre à la place

Les métriques qui comptent le plus pour les coachs travaillant avec des athlètes entraînés ne sont pas le VO₂max. Ce sont :

Le seuil lactique (LT1 et LT2). Les intensités auxquelles le lactate commence à s’accumuler de manière significative. Ce sont ces chiffres qui déterminent comment définir les zones d’entraînement, et ils évoluent de manière significative avec l’entraînement, contrairement au VO₂max qui reste souvent stable.

La perception de l’effort par rapport à la performance. À quel point un athlète trouve une séance difficile par rapport à ce que montrent les données. Lorsque la perception de l’effort (RPE) pour une puissance ou une allure donnée commence à augmenter, sans changement de charge prévue, quelque chose change dans la condition physique ou la récupération de l’athlète.

La performance au seuil. La puissance ou l’allure au seuil lactique est directement entraînable et directement pertinente pour la course. Les améliorations ici se traduisent par des résultats en compétition bien plus fiables que les améliorations du VO₂max.

La régularité de la performance dans le temps. L’athlète peut-il atteindre les allures ou puissances cibles séance après séance ? La variabilité de la performance dans des conditions fixes vous en dit plus sur l’adaptation à l’entraînement qu’une estimation mensuelle du VO₂max.


Ce qui fait vraiment bouger l’aiguille de la performance

Qu’est-ce qui fait vraiment progresser la performance sur 6 mois ?

Comparez trois axes d’entraînement avec le même profil d’athlète de départ. Découvrez quelle amélioration métrique produit le meilleur résultat en course.

Axe d’entraînement :

Le piège du coaching

La raison pour laquelle le VO₂max est surutilisé est en partie pratique et en partie culturelle. C’est un chiffre simple et unique. Il est facile à communiquer aux athlètes. Les applications de fitness l’affichent en évidence. Il a une longue histoire en science de l’exercice, ce qui lui confère un poids institutionnel.

Les coachs qui obtiennent les meilleurs résultats avec leurs athlètes ne sont pas ceux qui ont les estimations de VO₂max les plus précises. Ce sont ceux qui suivent la réponse de chaque athlète, séance après séance, semaine après semaine, et ajustent en conséquence.

Cela nécessite des outils de suivi qui capturent ce qui change réellement : comment les séances sont ressenties, comment la performance se compare aux objectifs, comment la récupération évolue. Un chiffre de VO₂max mesuré il y a trois mois ne vous dit rien sur la nécessité de pousser ou de réduire l’intensité d’une séance au seuil aujourd’hui.

Lorsque Afitpilot suit la perception de l’effort (RPE) de chaque athlète par rapport à l’effort prévu et adapte les séances futures en fonction de ces retours, il fait quelque chose qu’un score de VO₂max ne pourra jamais faire. Il réagit à ce que l’athlète vit réellement, en temps réel.

C’est le passage des métriques statiques au coaching dynamique. Et c’est cette différence qui se traduit par des résultats concrets.


En résumé

Le VO₂max compte. Ce n’est pas un chiffre inutile. Mais le considérer comme le principal critère pour évaluer et coacher les athlètes est une erreur que commettent les coachs à tous les niveaux.

La performance est déterminée par le plafond, par la proximité de ce plafond à laquelle un athlète peut courir, et par l’efficacité de son mouvement à cet effort. Les trois sont indispensables. Un seul est sur toutes les lèvres.

Suivez le VO₂max quand c’est pertinent. Mais construisez vos systèmes de coaching autour des métriques qui évoluent avec l’entraînement, qui varient d’un athlète à l’autre, et qui vous apportent des informations utiles à chaque séance.


Ressources

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