Une cliente qui ne manque jamais une séance annule deux fois de suite. Elle répond par un seul mot. Quand elle arrive enfin, elle semble épuisée et part plus tôt. Le coach le remarque, sans savoir comment réagir.
Beaucoup de coaches vivent ce moment. L’entraînement peut améliorer le bien-être, et les coaches sont proches de leurs athlètes. Mais ils ne sont pas thérapeutes, et cette frontière compte. Cet article résume les conclusions de la recherche et les types d’exercice qui aident. Il précise aussi ce qu’un coach peut dire… et ce qu’il doit éviter.
Ce que révèle la recherche
Singh et ses collègues (2023) ont analysé des revues systématiques. Ils ont compilé 97 revues, couvrant 1 039 essais et 128 119 participants.
L’activité physique a amélioré trois aspects par rapport aux soins habituels :
- Dépression. Un effet modéré, avec une taille d’effet médiane de -0,43.
- Anxiété. Un effet modéré, avec une taille d’effet médiane de -0,42.
- Détresse psychologique. Une taille d’effet de -0,60.
La taille d’effet indique l’ampleur d’un changement. Un effet modéré est perceptible, mais ce n’est pas un remède.
Les bénéfices les plus marqués ont été observés chez les personnes souffrant de dépression, du VIH ou d’insuffisance rénale. Ils concernaient aussi les femmes enceintes ou en post-partum, ainsi que les personnes en bonne santé.
Quel type d’exercice ?
Une seconde méta-analyse s’est concentrée sur la dépression. Noetel et ses collègues (2024) ont regroupé 218 études incluant 14 170 participants. Ils ont comparé différents types d’exercice à des groupes témoins actifs, comme les soins habituels.
Les cinq types disposant de données suffisantes ont tous montré des effets positifs. La marche et le jogging arrivaient en tête, suivis par le yoga et la musculation.
Les différences entre les types restent minces par rapport à l’incertitude des résultats. Cela suggère que le meilleur exercice est celui que la personne continuera à pratiquer. Proposer un choix est plus sûr que d’imposer une seule option.
Quelle intensité et quelle durée ?
Les deux revues soulignent l’importance de l’intensité. Singh et ses collègues ont constaté que plus l’intensité était élevée, plus l’amélioration était marquée. Noetel et ses collègues ont observé que les effets augmentaient avec l’intensité prescrite, surtout pour la marche/jogging, le yoga et la musculation.
La durée, en revanche, joue un rôle inverse. Singh et ses collègues ont noté que les programmes plus longs étaient associés à des effets moindres.
Ces résultats sont des moyennes issues de nombreuses études. Ils ne dictent pas l’intensité idéale pour une personne. Quelqu’un en difficulté n’est peut-être pas prêt pour des séances intenses. Un début accessible compte plus qu’un dosage parfait.
Ce qu’un coach peut faire
Un coach est bien placé pour observer et aider. Quatre étapes couvrent l’essentiel.
- Observer. Repérez les changements : séances manquées, manque d’énergie, repli ou variations d’humeur.
- Dialoguer. Abordez le sujet en privé, avec calme. Écoutez plus que vous ne parlez.
- Adapter. Réduisez la pression. Privilégiez des séances courtes, conviviales et réalisables.
- Orienter. Dirigez l’athlète vers son médecin ou un professionnel de la santé mentale.
Ce qu’un coach ne doit pas faire
Les coaches ne sont pas formés pour diagnostiquer ou traiter les troubles de santé mentale. Certaines actions dépassent leur rôle :
- Ne posez pas de diagnostic sur ce que vit la personne.
- Ne promettez pas que l’entraînement réglera le problème.
- Ne donnez pas de conseils sur les médicaments, ni ne suggérez d’arrêter un traitement.
- N’utilisez pas des séances intenses pour sortir quelqu’un d’un état dépressif.
Si vous pensez qu’une personne est en danger, ne gérez pas la situation seul. Contactez les services d’urgence locaux ou une ligne d’écoute.
Ce que couvrent les preuves
Les revues montrent que l’exercice aide en moyenne. Elles ne prouvent pas qu’il fonctionne pour tout le monde, ni qu’il remplace un traitement. L’exercice est un outil utile dans la prise en charge, mais pas un substitut à l’aide professionnelle.
Ces revues regroupent de nombreuses études, de tailles et de conceptions variées. Les moyennes ne prédisent pas la réponse individuelle. Les recherches n’abordent pas non plus ce qu’un coach doit dire en conversation. Cette partie relève des bonnes pratiques et des limites du rôle.
Par où commencer
- Identifiez les ressources locales en santé mentale pour orienter sans délai.
- Proposez plusieurs types d’exercice et laissez les athlètes choisir.
- Intégrez des séances faciles et conviviales dans le programme.
- Prenez des nouvelles des athlètes en tant que personnes, pas seulement de leur entraînement.
- Connaissez les limites de votre rôle.
Un coach qui applique ces principes ne traite personne. Il facilite simplement le maintien d’une activité et l’accès à l’aide nécessaire.
Lectures complémentaires : Charge d’entraînement et blessures et La phase de transition.
Références
Singh B, Olds T, Curtis R, Dumuid D, Virgara R, Watson A, Szeto K, O’Connor E, Ferguson T, Eglitis E, Miatke A, Simpson CEM, Maher C. Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress: an overview of systematic reviews. Br J Sports Med. 2023;57(18):1203-1209. DOI: 10.1136/bjsports-2022-106195
Noetel M, Sanders T, Gallardo-Gomez D, Taylor P, del Pozo Cruz B, van den Hoek D, Smith JJ, Mahoney J, Spathis J, Moresi M, Pagano R, Pagano L, Vasconcellos R, Arnott H, Varley B, Parker P, Biddle S, Lonsdale C. Effect of exercise for depression: systematic review and network meta-analysis of randomised controlled trials. BMJ. 2024;384:e075847. DOI: 10.1136/bmj-2023-075847


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