Un entraîneur ouvre un calendrier vierge en août. Il lui reste environ quarante semaines. Il y a des dates de matchs, des vacances scolaires et quelques semaines où personne ne peut s’entraîner. L’entraîneur sait quoi enseigner. La question est de savoir comment organiser ces semaines.
La périodisation répond à cette question. Elle donne une structure à l’année, afin que chaque semaine ait un objectif précis. Les termes techniques qui l’accompagnent rebutent souvent les entraîneurs. Cet article les explique en termes simples.
En Bref
Une saison peut être divisée en cinq niveaux. Chaque niveau s’inscrit dans celui qui le précède.
- Année. L’ensemble du plan, de la première à la dernière séance.
- Phase. Une longue partie de l’année avec un objectif principal.
- Bloc. Un groupe de semaines avec une même orientation d’entraînement.
- Semaine. Un schéma répétitif de séances.
- Séance. Une session d’entraînement.
Vous planifiez du haut vers le bas. D’abord l’année, puis les phases, puis les blocs. Les semaines et les séances viennent en dernier.
Pourquoi ces termes sont confus
Les termes techniques sont macrocycle, mésocycle et microcycle. Le microcycle correspond à la semaine. Le problème vient des deux autres.
Certains textes utilisent le macrocycle pour désigner un bloc de trois à quatre semaines. D’autres l’utilisent pour l’ensemble de la saison. Le mésocycle peut signifier un bloc dans une source et une couche intermédiaire dans une autre. Le même mot peut désigner quatre semaines ici et une année ailleurs.
Il s’agit d’une habitude de dénomination, pas d’une erreur de part et d’autre. Ce qui compte, c’est la structure, pas le mot.
Pour votre équipe, choisissez un ensemble de termes et notez-les. Les termes simples utilisés dans cet article (année, phase, bloc, semaine, séance) sont un choix sûr. Utilisez les termes techniques uniquement si vous devez vous aligner sur un cours ou un examen.
Niveau 1 : Les Phases
L’année se divise en trois phases : préparation, compétition et transition.
La préparation construit les bases. La compétition est la période des matchs ou des événements. La transition est la pause planifiée après la saison.
Ces phases peuvent être divisées en sous-phases :
- Préparation générale
- Préparation spécifique
- Précompétition
- Compétition
- Transition
La préparation générale utilise des méthodes larges. La préparation spécifique se rapproche du sport. La précompétition est l’étape finale avant le premier match.
Une sous-phase peut être très courte ou très longue. Une transition peut durer une semaine. Une longue préparation générale peut durer 24 semaines.
Niveau 2 : Les Blocs
Un bloc est un groupe de semaines avec une même orientation. Un bloc peut se concentrer sur la construction des bases, le suivant sur la vitesse.
Les blocs durent généralement de deux à six semaines. La plupart font trois ou quatre semaines.
Un schéma courant consiste à construire pendant trois semaines et à alléger la quatrième. Cette semaine plus légère est une semaine de régénération. Le volume diminue pour permettre à l’athlète de récupérer et d’assimiler le travail.
Un bloc peut aussi être court. Un bloc de deux semaines avant une compétition est souvent appelé bloc de réduction. Il diminue la charge pour que l’athlète arrive en forme.
Niveau 3 : Les Semaines
Une semaine est un schéma répétitif de séances. Elle peut durer de 5 à 14 jours. La plupart font sept jours, pour correspondre au calendrier.
C’est à ce niveau que le plan rencontre la réalité. Un jour de match, un examen scolaire ou un voyage modifient la donne. Deux athlètes dans le même bloc peuvent avoir des semaines différentes.
Le schéma hebdomadaire détermine quelles séances sont intenses, lesquelles sont légères, et où se situe la récupération.
Niveau 4 : Les Séances
Une séance est une unité d’entraînement, avec des pauses courtes.
La séance est la dernière chose à planifier. Son contenu découle de la semaine, la semaine du bloc, et le bloc de la phase. Une séance planifiée seule n’a aucun lien avec la saison.
Planification et Programmation
Le travail se divise en deux parties. La planification concerne le haut de l’échelle : l’année, les phases et les sous-phases. La programmation concerne le bas : les blocs, les semaines et les séances.
La planification définit la structure. La programmation la remplit de contenu. Un entraîneur qui n’a fait que la deuxième partie a des séances, mais pas de saison.
Combien de Pics ?
Toutes les saisons n’ont pas la même forme. Les plans peuvent être regroupés selon le nombre de compétitions principales.
Un pic. Une période de compétition principale. La course de fond, l’aviron, le ski de fond et le cyclisme sur route en sont des exemples courants. Il s’agit d’un plan à un cycle.
Deux pics. Deux périodes de compétition principales. Les exemples incluent l’athlétisme avec des saisons en salle et en plein air, ou la natation avec des championnats d’hiver et d’été. Il s’agit d’un plan à deux cycles.
Trois pics. Trois compétitions principales. La boxe et la lutte en sont des exemples. Il s’agit d’un plan à trois cycles. Chaque cycle est court, il est donc utile de rendre le premier plus long pour laisser le temps de travailler les bases.
Plus une année compte de pics, plus chaque phase de préparation est courte.
Sports Collectifs avec des Saisons Longues
Certains entraîneurs estiment que la périodisation ne convient qu’aux sports avec une longue préparation et une courte période de compétition. Les sports collectifs présentent souvent la situation inverse : une préparation courte et une longue saison de matchs.
La structure reste valable. Vous pouvez concevoir autant de plans que nécessaire. Un plan qui divise l’année en plusieurs parties reste un plan périodisé.
Une saison de basketball universitaire en est un bon exemple. La préparation précoce, en juillet et début août, utilise des méthodes générales. À partir de fin août, le travail spécifique au sport prend le relais avant la phase de compétition.
La même logique s’applique aux autres sports collectifs. Les phases sont plus courtes, et la phase de compétition occupe une plus grande partie de l’année.
Ce que couvre la littérature scientifique
Il s’agit d’un cadre de planification utilisé par les entraîneurs depuis des décennies. Ce n’est pas un ensemble de règles validées scientifiquement.
Les durées de blocs mentionnées dans cet article, comme trois ou quatre semaines, sont des conventions pratiques. Elles ne sont pas des chiffres prouvés par des essais. Ce cadre est principalement issu des sports individuels et de force. Les recherches directes sur les sports collectifs sont moins nombreuses.
Considérez cette structure comme un point de départ. Adaptez-la à votre calendrier et à vos athlètes.
Par où commencer
Commencez par les dates que vous ne pouvez pas modifier. Ensuite, descendez l’échelle.
- Notez les principales compétitions ou le premier et le dernier match.
- Marquez les phases autour : préparation avant, compétition pendant, transition après.
- Divisez chaque phase en blocs de trois ou quatre semaines.
- Rendez la dernière semaine de chaque bloc plus légère.
- Planifiez les semaines à l’intérieur du premier bloc uniquement. Laissez le reste jusqu’à ce que vous voyiez comment les athlètes réagissent.
La première version d’un plan de saison comportera des erreurs. Il est plus facile de modifier un plan existant que de partir de zéro.
Références
Bompa TO, Buzzichelli CA. Periodization Training for Sports. 3rd ed. Champaign, IL: Human Kinetics; 2015. ISBN: 978-1-4504-6943-2


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